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Hello! On est lundi matin, le 27 avril. Au programme de cette dernière journée en Inde, pondre le dernier article du voyage, faire un tour au marché pour les dernières emplettes, rentrer à l’hôtel faire notre dernier sac et prendre notre dernier bus pour l’aéroport! Et oui demain soir nous serons à Montpellier, nos cœurs battent la chamade mitigés entre la joie du retour et la peine du départ…
Mais on a eu 15 derniers jours riches en couleurs et en émotions alors c’est parti :
Après notre expérience Aurovillienne étrange, nous sommes retournés en “Inde
normale”, en la charmante bourgade de Mamallapuram. C’est un village de sculpteurs, certains de renommée internationale. La pierre est présente partout, ça nous rappelât un peu la belle Hampi. Il
y a la plage (mais le maillot de bain n’est pas envisageable!), un temple sur le rivage, des énormes rocs sculptés de décors religieux somptueux et partout le bruit des marteaux des sculpteurs
qui travaillent sans relâche. Beaucoup de gens, beaucoup de chèvres, une étape bien agréable.
Mamallapuram
Le jour de mes 28 ans, nous primes l’avion de Chennai a Calcutta afin d’éviter les 30 heures de trains qu’on a plus le courage de faire…Et oui on vieillit! 2 heures de vol et paf le changement
radical.. Nous voilà dans le nord, un peu tristes de quitter notre sud si doux et paisible quand il veut! Ca sent le retour.. Calcutta, ou Kolkata de
son nom actuel, 15 millions de gens, 2ème ville d’Inde, région du Bengale occidental et un passé tumultueux du aux milliers d’exilés politiques qui
sur peuplèrent en masse la ville et ses bidons… Et ça se ressent, tout est tassé, serré, on se marche dessus, on étouffe… Calcutta n’est heureusement pas que ça comme les Bengalis aiment à le
défendre. C’est aussi le charme et l’élégance britannique mêlée à la modernité de l’Inde nouvelle qui affectionne les buildings, et le luxe des hôtels et bars branchés! C’est d’ailleurs dans un
de ces bars branchés que je fus invitée à fêter mon anniversaire au bord d’une piscine! Ça fait bizarre d’être à Calcutta dans un endroit comme ça
mais c’est quand même agréable et ça fait du bien! Belle soirée donc! Alors on arrête de culpabiliser, on profite. Au menu : cocktails pour madame et cigare pour monsieur (qui fume plus
depuis presque 5 mois au fait !). Que dire d’autre… Que Calcutta fut une étape dure et fatigante par le bordel ambiant, la pollution et le concert incessant de klaxons car les indiens
conduisent au klaxon, c’est le plus bruyant qui passe et c’est la lutte constante… Nous au milieu de tout ça, moi surtout, sommes lassés, je ne peux plus le supporter, je suis au bord de la
saturation, ce qui rend notre passage dans cette ville pourtant intéressante vraiment insupportable. Ce qui fut chouette quand même c’est le charme discret des énormes villes où des millions de
destins se croisent tous les jours, chaque quartier est différent et unique, entre les vieux cinémas, les écrivains publics, les matchs de criquet, le style anglais de l’architecture mêlé à
l’Asie des pousse-pousses, de la chaleur et de la cuisine de rue.
Calcutta
Train de nuit pour Bénarès, ma bien-aimée ! Varanasi est son nom actuel. J’y été allée lors de mon premier voyage en Inde et avais un souvenir de sensations de couleurs, odeurs, musique
et ballade en pousse-pousse au soleil couchant. Et les vieux qui traversent l’Inde entière pour venir mourir ici, dans cette ville sacrée au bord du Gange. Le Gange est né de la chevelure de
Shiva, partout on rend hommage à Shiva et sa femme Parvati qui aurait fait tomber une boucle d’oreille à un endroit précis ou son dévoué mari creusa
un bassin qu’il remplit de ces larmes… Une de ces légendes qui te rendent amoureux de l’Inde pour l’éternité… C’est une des plus anciennes cités du monde : « Benares est plus ancienne que l’histoire, plus ancienne que la tradition, plus ancienne même que la
légende… » Mark Twain. La vie s’organise le long des nombreux Ghats que l’on peut longer au lever du soleil dans une petite barque. L’occasion
d’admirer l’aurore sur la cité, et d’assister à la journée qui commence pour les centaines d’habitants et pèlerins prenant leur bain et ablutions dans le Gange. Paradoxe indien numéro 172 :
les hindous viennent purifier leurs péchés et se laver dans une eau où 30 égouts se déversent en permanence, ou 1, 5 millions de bactéries vivent en paix (norme admise : 500 !), ou
flottent vaches mortes, bébés, cendres ou corps des défunts et le pire : les habitants viennent jeter leurs poubelles dans leur fleuve qu’ils considèrent pur ! Comment expliquer
ça, comment les regarder se baigner avec joie et dévotion quand on sait ça (mieux vaut ne pas savoir) quand toi tu plongerais même pas ta main… Qu’est-ce que ca peut être d’autre que
la force inébranlable de la foi hindoue, cette même foi qui pousse Amma à lécher les plaies purulentes de ces dévots lépreux pour les guérir de sa salive sacrée…
Il fait très chaud, à la limite du supportable, on boit 5 litres d’eau par jour et se planque tout l’aprèm pour pas sécher au soleil ! La nuit, impossible de dormir… Mais les jours sont beaux, baignés de spiritualité et de ballades le longs des Ghats. Un midi, nous restons un moment à observer le va-et-vient des crémations. Plus de 120 corps sont incinérés sur ces petits bûchers qui brûlent de jours comme de nuit. Un homme nous explique tout le pourquoi du comment que je vous épargne.. . On en repart l’âme apaisée de comprendre un peu mieux cette facette de la religion hindoue où la mort n’est qu’un passage positif… Même si on a vu des corps brûler, un sentiment plutot sain nous remplit car mourir à Benares est le vœu ultime de tout hindou et la crémation est un rituel purificateur. Des gars sont chargés de trier les cendres pour récupérer les bijoux avant de les verser dans le fleuve car le bois coûte cher et la plupart de ces vieux n’ont plus rien… Un beau moment où l’âme fait un pas…
Le lendemain c’est une cérémonie de mariage aux milles couleurs qui nous attend. Tous les soirs à la tombée du jour, il y a aussi une grande fête du feu pour rendre hommage au
fleuve sacré. Une dizaine de brahmanes alignés agitent encens, bougies et camphre dans une chorégraphie réglée comme du papier à musique. Une foule impressionnante s’y rend chaque soir.
Voilà Benares.
Benares
Train de nuit pour Agra ! L’idée était d’arriver par le train de 05h45 pour voir le Taj Mahal au lever du soleil… Raté !!! Le train a deux heures de retard. Mais on l’a vu quand même ce
grand gaillard de marbre. Il a noirci par rapport à il y a dix ans, il souffre lui aussi de la pollution assassine. Ma mere m’apprend que les ouvriers ayant incrusté les magnifiques motifs en pierres semi-précieuses qui ornent ses voutes auraient eu les doigts coupés
afin de ne jamais reproduire une telle merveille… Je vous laisse admirer les photos de ce chef d’œuvre de symétrie. Coup de génie aussi de
l’architecte qui le planta devant rien (seule la rivière Yamuna coule derrière) et sur une plateforme, ce qui le rend si immensément blanc dans le ciel bleu.
Taj Mahal
Dans la même journée, on prend le train pour Delhi. En une semaine, on aura traversé le pays d’est en ouest. Ben oui c’est pas tout mais on a un avion à prendre nous bientôt !
Delhi la jolie, ce sera un passage rapide mais l’occasion de visiter le Fort Rouge et la grande mosquée Jama Masjid, on se fait jeter dehors et traiter comme des malfrats d’occidentaux tout le long de la visite mais on s’en fout, on trouve ça beau quand même et le pire c’est que nous on aime bien toutes les religions et on a même pas de haine, na ! Et puis j’ai enregistré le chant du muezzin !
Ce qui nous mène à l’instant T ou je tape sur le clavier cet article trop long comme d’hab tout en guettant l’heure…
Les dernières photos de cette
histoire qui dure depuis le 08 novembre me tiennent vraiment à cœur, prenez le temps de les regarder et de lire les phrases poignantes. A Delhi se trouve l’International Gandhi Museum ainsi que
le lieu où il fut assassiné et incinéré ainsi que Nehru et Indira. Au musée se trouve une somme de souvenirs énormes comme le pagne taché de sang du jour de sa mort, des articles, ses
lunettes, ses carnets de bords, un téléphone où quand tu décroches, tu entends sa voix lors de l’enregistrement d’une conférence ainsi que des photos magnifiques de l’homme unique qu’il était,
celui qui toute sa vie eut l’œil du berger... mais le cœur de l’agneau.
Delhi et Gandhi
Voila, c’est fini !!! Ouf me dirait vous et pour le reste, on se voit dans quelques jours de toutes façons !
Attention attention, v’la les flonflons :
Merci à mon Ramon d'avoir ete la.
Merci a Madagascar, a Maurice, a Rodrigues et a
l'Inde d'etre ce que vous etes.
Merci a tous pour vos commentaires qui nous ont portés, fait rire, émus,
réchauffé le cœur pendant tout le voyage.
Merci à mes parents adorés.
Merci à ma Caro, pour ton soutien et ces longs mails échangés.
A mes grands–parents, à qui je dédie ce voyage.
Ciao a tutti !
A tout à l’heure.
Aurore.
Je suis un peu déçue que se soit fini, plus de photos à aller commenter sur le blog ! Mais en même temps je suis impatiente de vous revoir ! De voir à quel point vous avez bronzés et d'écouter vos histoires, même si l'on en a eu beaucoup sur le blog !
Alors à très bientôt !!
Bisous