Partager l'article ! Kerala et Tamil Nadu, le grand sud indien.: Bonjour à tous et Joyeuses Pâques ! Que les cloches sonnent fort et amènent ...
Bonjour à tous et Joyeuses Pâques ! Que les cloches sonnent fort et amènent la paix dans vos foyers, que le chocolat et l’argent coulent à flot !
En parlant de cloches, voila un petit moment qu’on avait rien publié parce que le temps passe à mille à l’heure, les dossiers commencant à être chargés, voici un article qui risque d’être l’avant dernier : et oui on rentre dans 17 jours exactement ! On a fêté les cinq mois du voyage et ça fait drôle de voir la fin approcher…Mais tout va bien, on est dans le flux du mouvement perpétuel, celui qui guide les voyageurs…
Tout a commencé par…
L’ashram d’Amma, Kerala.
Il est des endroits sur terre où l’on se sent comme une petite fourmi… déjà parce que l’ashram est immense, il contient un temple central et plein de tours d’habitations de 15 étages, ça ressemble à une grande cité toute rose et en arrivant on est pas super convaincus… Le rickshaw nous largue sur la rive, dans le petit village de Karunagapally où je commence par m’ouvrir la tête ! ( rien de grave). Puis on traverse un grand pont et une indienne nous guide. On nous installe au 8 eme de la tour E dans une grande chambre, propre et lumineuse, nous sommes étonnés car nous pensions dormir et manger par terre, que nenni.
Et très vite on réalise qu’il est des personnes sur terre devant qui on se sent tout petits aussi … C’est le cas de Mata Amritanandamayi (la mère), une femme extraordinaire. J’avais vaguement entendu parler d’elle par mon amie Mandoline, je savais juste qu’elle venait à Toulon une fois par an pour prendre des gens dans ces bras et qu’on en ressort chargés de son énergie impressionnante. Ramon n’en savait rien et voila qu’on se trouve quasi par hasard au berceau de toute cette histoire, dans son ashram, dans le village ou elle est née et a mené tout son chemin spirituel… Je suis émue, fréquemment dans la journée, les larmes me surprennent tant le lieu est fort en énergies et la découverte du personnage marquante. Elle est née fille de pêcheurs d’une famille de 13 enfants et se prénommait Soudhamani. Dès son plus jeune age elle manifeste une passion adoratrice pour le seigneur Krishna et plus tard cette attirance pour le divin sera orientée vers Devi (la déesse créatrice). Enfant et adolescente, sa foi énorme lui vaut un comportement étrange, elle est incomprise par sa famille qui la croit folle…Elle s’engage tout naturellement sur la voie spirituelle pour devenir ce qu’elle est aujourd’hui : la mère de la béatitude immortelle, pleine de grâce, d’amour et de compassion qui étreint les gens et leur redonne espoir et courage. Peu importe ce qu’on en pense, on ne peut qu’être qu’admiratif du phénomène Amma qui s’inscrit dans la lignée spirituelle de l’Inde des grands sages. L’ashram abrite 2000 personnes : indiens, familles, et westerns comme ils disent ici ! Des renoncants qui vivent auprès d’elle et nous on est la pendant trois jours et on essaye de se fondre dans cette masse de dévots vêtus de blancs, quelle drôle d’expérience ! Des fois je croise mon Ramon dans un couloir et ne peut m’empecher de voir en lui la personne la plus étrange dans ce contexte!!! ;)
Je me souviendrais toujours de la puissance des chants de dévotion (bhajans) dans le temple des femmes… Ce qui me marque le plus je crois c’est que j’étais loin d’imaginer la portée humanitaire que ça a tout ça. Une association s’est montée (MAM) qui signent a la pelle des chèques de millions de dollars : victimes du Tsunami (très présent encore dans cette région de l’Inde), de Katrina, hôpitaux, universités, centres de recherche, lotissements gratuits pour déshérités et j’en passe…La mission est immense est menée d’une main de maître par Amma et ses dévots. Sans parler de sa lutte pour l’émancipation des femmes, pour la paix et contre la pauvreté, c’est incroyable… La fille de Gandhi et de mère Teresa ! Ce que je dis bêtement à un dévot qui me regarde avec des yeux bizarres car Amma ne peut être la fille de qui que ce soit pour lui, elle est Dieu… Nous ne l’avons pas rencontré malheureusement car elle voyage tout le temps mais on a l’impression de l’avoir sentie dans chaque sourire, dans chaque mur…Une belle rencontre donc !
Nous passons ensuite par Kollam, afin d’y faire une bien jolie ballade dans les canaux du Kerala, encore… Ils font quand même 900 km !
On est sur une pirogue qui avance très doucement dans les petites nervures et sillonne autour des villages et des parc à crevettes géantes. Les maisons sont comme autant de petits îlots avec connexions internet quand même ! L’Inde alors…De même que nous avions nourri une passion prononcée pour le bleu du lagon mauricien, le vert des backwaters du Kerala nous enchante le regard…et ce calme, si rare…Le guide nous explique qu’au Kerala, si tu es pauvre, l’état te donne une maison, des meubles, de l’électricité, le téléphone et autres accommodations… alors Nicolas t’en penses quoi, aller au boulot !
Je vous laisse apprécier tout particulierement la photo de la dame qui nourri un bébé perroquet…
Varkala. La plage. Un de ces endroits où on fait une pause… Un paradis de plage. Varkala c’est une grande falaise longue et rouge. Les guesthouses se trouvent tout le long de la falaise et dominent la plage qui s’étend a perte de vue. Il y a plein de restaurants trop bons ou tu te balades le soir à la fraîche et fais ton choix entre Baracuda et Blue Marlin, fraîchement pêchés, étalés et grillés à la demande au barbecue ou dans le tandoor…On s’y sent bien, malgré une engueulade qui a faillit ramener Ramon plus tôt que prévu…Oui tandoor ou grill on était pas d’accord… ;), c’est passé heureusement…ben oui des fois on se pète un cable dessus, pas facile tous les jours !
Nous voguons ensuite vers Trivandrum (Thiruvananthapuram) parce que mon tonton Benoit m’a dit qu’il aimait beaucoup Trivandrum, et effectivement c’est une ville agréable. On se ballade vers le
temple, centre spirituel de la ville, c’est tranquille et plein de petites ruelles. Malheureusement on ne peut pas rentrer dans le temple car on est pas de religion hindoue et ça me fait toujours
de la peine une telle discrimination dans les chambres du Bon Dieu…mais bon c’est comme ça alors on reste dehors, comme les chiens !
Le lendemain nous partons visiter un centre de réhabilitation des éléphants, c’est très sauvage comme endroit, ça fait du bien là aussi, on sature vraiment des villes.
Il y a que quelques éléphants, l’occasion quand même de faire une ballade sur le dos d’un de ces mastodontes et d’assister au bain d’un autre. Pas d’autre bruit que le pas majestueux de ces divinités à quatre pattes et du lac soulagé de quelques tonnes quand ils en sortent !
Toujours plus au sud, il parait que le soleil s’y lève dorénavant alors nous on va vérifier !
Nous sommes à Kanyakumari (ou Cap Comorin), une ville spéciale, une superbe escale. En effet plus au sud, il n’y a plus rien. En face, le Sri Lanka. Nous sommes à l’extrême pointe du sous-continent indien, là ou le vent souffle et où les eaux de la mer d’Oman, de l’Océan indien et du golfe du Bengale se rejoignent et se mélangent. Et des centaines de pèlerins affluent pour cette raison. Les cendres de Gandhi y auraient fait un séjour avant d’être répandues dans plusieurs eaux sacrées d’Inde dont celles-ci. Une ville côtière qui respire le large et l’immensité.
A partir de maintenant, nous sommes au Tamil Nadu ! Chez les anciens dravidiens, premiers habitants de l’Inde comme en témoigne le SOMPTUISSIME Temple de Madurai…On s’arrête d’ailleurs que
pour ça. On est dimanche matin, neuf heures, on sort dans la rue et croise une parade de femmes avec des pots de fleurs sur la tête, un char qui lance des pétards et de la musique,
indéniablement, il y a une fête aujourd’hui. On aura pas su laquelle, on pense que toute l’Inde célèbre l’arrivée du printemps, il y eu Holi dans le nord il y a pas longtemps. Un petit homme
enthousiaste nous invite à le suivre sur le toit d’un bâtiment ou on aura une vue magnifique, il nous dit qu’on a trop de chance, il est bientôt neuf heures trente et le temple va changer de
couleurs ! Soit, on le suit, rien ne se passa mais la vue sur les gopurams fut superbe ! Il voulait en définitive nous faire traverser le magasin d’antiquités du bâtiment…
C’est très grand -6ha-, les ornements des temples sont hypers colorés et kitch, c’est impressionnant de beauté. Il y a une réunion de Brahmanes qui attisent de petits feux en récitant des mantras, un éléphant et plein de gens, nous sommes les seuls touristes dans cette déferlante humaine (plus de 10000 personnes visitent le temple chaque jour !).
On y passe la matinée tant l’activité bat son plein et la visite est riche.
Dans des moments comme ca, l’Inde nous prend par la main, nous prend au mot et nous prend aux tripes…
Là on est déjà bien remontés sur la cote est. On fait une courte escale à Trichy (Tiruchirapalli) pas très passionnante à part le Rock fort Temple juché en haut d’une colline, sur un rocher. Les
hindous ont construit autant de temples sur chaque espace vide de terre que les français de PMU sur chaque place inhabitée !
Il y a bien d’autres temples à visiter mais je suis fatiguée, je choisi la piscine de l’hôtel d’à coté et Ramon l’ordinateur…
Et enfin, Pondicherry, notre chérie ! Que c’est joli avec son quartier français, ses noms de rues et ses menus en français ! Il y a des bougainvilliers qui dépassent des jardins calmes des rues colorées. On te parle français au resto où à l’épicerie ce qui nous fait vraiment bizarre. En plus j’aurais un arrière grand-père -Marius Pierre- qui serait plus ou moins originaire de Pondy. N’en sachant pas plus à son sujet malheureusement, je m’imagine les pavés sur lesquels il a peut-être marché, les rues qu’il prenait tous les jours…
Entre midi et deux, les chauffeurs de rickshaw emènent des groupes d’enfants suréxités jouer sur le front de mer où dans les parcs, ce qui donne une ambiance gaie et rigolote. On a la crève tous les deux et il fait très très chaud et humide sous un soleil de plomb…
Nous dormons dans une des guesthouses de l’Ashram de Sri Aurobindo, un poète-philosophe- révolutionnaire-sage très vénèré ici. Avec ses chambres vue mer pas données, ça ressemble plus au club-med qu’à un lieu de retraite mais l’ashram en lui-même, un peu plus loin en ville abrite le tombeau ou sont enterrés Sri Aurobindo et la mère (une autre) une française qui a crée la cite étrange d’Auroville où nous sommes en ce moment.
Auroville, que dire ?? Que pour l’instant on y comprend pas grand-chose et qu’on risque d’en partir toujours au même point ! Il faut peut-être vivre ici pour en saisir l’essence…
L’idée est bien résumée dans la charte d’Auroville que vous pouvez lire sur les photos.
Quand à sa réalisation, c’est subtil, c’est pas vraiment ce qu’on ressent au premier abord, les gens sont plutôt froids, l’organisation prise de tête et les distances à parcourir entre chaque lieu interminables ! Car c’est au sein d’une foret immense qui pourrait héberger 50000 résidents (2000 pour l’instant, 124 nationalités). On passe notre temps à pédaler dans la poussière en essayant de se repérer sur le plan ! Mais bon c’est pas parce que ça nous échappe que c’est pas bien, en tout cas c’est un beau coin de nature (un million d’arbres y furent plantés) ou vivent en paix hommes, femmes, enfants, paons, belettes et grenouilles!
Je rajoute juste que nous avons eu la chance de visiter, juste avant de
partir, l'intérieur de la boule de feu (ou "couille de tapir" comme dirait Ramon!) que vous voyez sur les photos. Et bien rien que pour ca, on a bien fait de venir! C'est l'oeuvre d'un
architecte francais Roger Anger (dictée par les visions mystique de la mère...) qui a du bien se régaler! A l'intérieur c'est tout blanc et tout rond! Tapis blanc immaculé et marbre
d'Italie, une colonne centrale et des grands escaliers en spirale nous mènent a la chambre de méditation, suspendue, ou il n'y a pas un bruit et au centre trone une boule de cristal. Nous
rentrons dans cette piece hallucinante ou on a l'autorisation de méditer 15 minutes... En rentrant, l'émotion monte et mon souffle est coupé tant il règne une athmosphère étrange. Du
plafond arrondie jaillit un rayon de lumière qui taverse verticalement la piece, passe au centre de la boule de cristal et traverse la sphère du Matrimandir sur toute sa longueur pour ressortir
par le bas de la sphère et venir finir sa course dans une autre boule de cristal au sol, nichée au milieu d'une fontaine en lotus blanche! Magnifique.
Plus d'info sur ce lieu magique sur le site d'Auroville: http://www.auroville.org/
Pondicherry et Auroville
Bon ce récit s’achève ici, nous allons tenter de bien profiter de nos derniers jours en Inde, cette terre fertile qui nous berce (ou nous envoie
bouler parfois !) depuis plus de deux mois, de continuer à naviguer de saints en poètes et de trains en temples, tout en se dirigeant doucement vers Delhi pour le retour.
Plein de bises de nous deux, les baroudeurs sur le retour !
Portez-vous bien, aimez-vous, aimez la vie !
Aurore et Ramon
PS : Ci-dessous des liens vers un article paru dans Bout A Bout le journal de l'association de quartier BoutEntrain.