Partager l'article ! En descendant vers le Kerala...: Coucou, voici une retrospective de nos dernieres aventures. Après la féerique Mysore, nous fîmes un ...
Coucou, voici une retrospective de nos dernieres aventures.
Après la féerique Mysore, nous fîmes un long détour par Hassan afin de visiter les temples Hoysala, une tribu montagnarde du deccan, situés à Halebid et à Belur dans le Karnataka. Ils sont très
beaux, imposants, massifs, plein de détails et de finesse. Il y règne un calme et une fraîcheur mystique. Nos excuses pour le manque d’inspiration des légendes, il faut dire que c’est pas
évident comme lecture… En gros : de nombreuses divinités, des animaux et des danses rituelles.
De là, c’est un détour encore plus long qui nous attendait… Quesqu’on ferait pas pour un peu de spiritualité hindoue! D’Hassan, il nous fallut passer par Mangalore puis Coimbatore, deux grosses
villes comme l’Inde sait si bien en générer: pollutions, klaxons, bordel, agressivité et hôtels glauques… Pas très intéressant donc mais c’est la route pour notre prochaine destination: la
montagne!
Halebid et Belur
Ooty (Udhagamandalam) et le train miniature.
L’idée de cette destination était de prendre le célèbre petit train montagnard qui rejoint Ooty en zigzaguant dans les Nilgiri Hills. Cette expérience ferroviaire nous rappela Madagascar (pour
ceux qui ont suivi la saison 1!), la panne en moins, quoique… C’est en arrivant à Mettupalayam, son point de départ à six heures du matin qu’on nous annonce qu’un éboulis empêche notre
tchou-tchou des collines de passer - du moins jusqu’à mi-chemin. Donc nous faisons la moitié de ce parcours impressionnant en taxi collectif et l’autre moitié avec le train qui glisse lentement
entre les villages perchés, les plantations de thé qui sentent bon et les falaises.
Arrivés à Ooty (résidence d’été de l’ancien gouvernement britannique de Madras) il caille et ça faisait bien longtemps qu’on avait pas ressenti les joies du froid! Bien contents de se dire qu’on
va vivre un hiver de trois jours, contents aussi de changer d’air, d’en respirer un pur et frais (2200m). Ca faisait un bien fou ce froid, un changement comme si notre organisme était en manque!
On court acheter du chocolat, des pulls et couvertures au marche tibétain. Dès le lendemain, malheureusement, la pluie nous attendait. On se décourage un peu de rester et on décide d’abréger
après quelques ballades où on aura croisé des chevaux, des roses, des arbres immenses, des indiens à la beauté montagnarde et du bon chocolat!
Le retour en train fut pittoresque car il est tout petit et nous fumes des centaines à vouloir monter dedans! Nous on prend la place de quatre en plus… On se fraye tant bien que mal un chemin
dans cette cohue typiquement indienne après s’être fait gentiment piétiner. Et le trajet retour fut encore plus beau et insolite.
Ooty
A partir de maintenant nous sommes au Kerala.
Que c’est beau… Le Kerala est une émeraude incrustée de jade. Les poumons de l’Inde du sud.
Et cet état à la nature ravissante a un truc vraiment particulier: ses petits matins…
Les petits matins dans le Kerala te font démarrer la journée entre rêve et réalité, ils te tirent de ton sommeil trop court pour te plonger dans un univers sonore mystique. Cela commence assez
radicalement à cinq heures du matin par le chant du muezzin qui fend l’aube et fait vibrer la brume. Sa douce voix se glisse dans ton dernier rêve tandis que Mahomet tape l’incruste sur ton
oreiller. Et ça dure un sacré moment comme ça, cette voix et ce chant dans le silence du petit jour et c’est beau. Après quelques prières inconscientes, tu réussis juste à te rendormir quand
commence... le concert de corbeaux en croa mineur!
A Mada notre univers sonore matinal était rempli de chants de coqs et de rires d’enfants. A Maurice, de petits zoizos exotiques et délicats. En Inde du sud, c’est les corbeaux. C’est à ce moment
précis que, un petit matin de plus, tu décrètes ta nuit définitivement finie, Morphée envolé et accroché aux griffes crochues d’un gros corbeau noir-bleu... Un des charmes de l’Inde du sud.
Le Kerala est aussi un état qui héberge un quart de catholiques grâce à / à cause de l’influence de St Thomas. C’est aussi le premier état qui ait élu librement un gouvernement communiste qui
dure et fonctionne (on se pose la question des castes du coup, sans réponse pour l’instant). C’est bientôt les législatives en Inde alors sur chaque coin de mur sont peintes une faucille et un
marteau de couleur vive. L’état le plus socialement avancé d’Inde, il détient le record de 91% d’alphabétisation.
Notre première joie keralaise fut Fort Cochin, bien que militaire, c’est un havre de paix! Il y a des carrelets chinois, des poissons énormes, un quartier juif plein de vieux entrepôts aux
effluves de cardamome, une synagogue, un palais de Maharaja, des anciennes demeures portugaises, un cimetière hollandais et même des chrétiens syriens! On est sur la côte de Malabar,
carrefour du commerce des épices.
On a pris un cours de cuisine keralaise pour apprendre dans les règles de l’art le chicken curry, le pumkin curry, le green peas curry, les vegetables curry et les chapatis!
On y découvre des secrets de grand-mère et surtout les justes doses d’épices ! Cette cuisine fait rêver les papilles…entre le curry de poisson au lait de coco, le chutney de noix de coco, le
poisson cuit dans la feuille de bananier, ici on mange pas on dévore, et c’est tellement savoureux qu’on mange avec les doigts, on s’en met partout, ça pique la langue et le palais, les larmes
coulent mais on continue jusqu'à l’obtention d’un grand soupir d’extase et un bon chai (the au lait) pour apaiser ce feu d’artifice gustatif !
Autre régal que celui de notre soirée artistique, composée d’une démonstration de Kalaripayatt, art martial ancestral qui serait l’origine de tous les arts martiaux (?) : perfection, rapidité,
agilité et énergie de quatre garçons (dans le vent hi hi) fins et musclés, sabrant l’air et maniant les bâtons de bambous et autre couteaux lourds et tranchants avec une incroyable maîtrise. On
est au premier rang et je suis un peu crispée par cette question récurrente : et si ça lâche ? C’est trop beau et trop violent à la fois.
Puis vient le spectacle de Kathakali. On assiste au maquillage des comédiens/dieux/démons pendant plus d’une heure, des œuvres d’art. Le spectacle commence : trois comédiens dont un joue le rôle
d’une femme, un brahmane/narrateur qui chante l’histoire que les comédiens miment et dansent, et des percussions pour rythmer le tout. C’est chouette à essayer de déchiffrer (bien qu'impossible),
par les codes ou mudras ils jouent l'action, par le visage l’émotion et par le corps son intensité. Bon 1h30 c’est bien, quand on pense que traditionnellement ça se joue dans les temples
pendant toute une nuit…
Et pour finir ces belles découvertes, un concert de musique hindustani (Inde du nord), chant, tablas et harmonium, très envoûtant !
Fort Cochin
Puis c’est au fil de l’eau que nous voguons vers cette belle nature keralaise et ses backwaters, les canaux du Kerala qui s’étirent sur 900km, comme autant d’autoroutes et de rues aquatiques.
Nous sommes à bord d’un Kettuvalam, une barge à riz aménagée d’un pont, un salon/salle à manger, une chambre+salle de bain et la cuisine à l’arrière.
On y passe un jour et une nuit dans la tranquillité du paysage de rizières, cocoteraies, lacs, à observer les villageois qui s’affairent à leurs taches quotidiennes, certains pèchent, les femmes
tapent le linge sur les pierres du rivage. Apaisante sensation de flotter dans le doux silence des veines du Kerala…
Les canaux du Kerala
Bons baisers de nous deux
A la revoyure!